2 octobre, la fête à tout prix

Tapez les tam-tams. Jouez des castagnettes. Mettez-vous sur les places publiques. Ce jour est unique. Jour de joie, jour d’anniversaire. Au cas où ça vous chante, prenez le temps d’écouter les artistes de votre terroir. Ils chantent. Ils parlent de la Guinée de Sékou Touré. Celle qui avait à cœur l’indépendance de l’Afrique. Pas à pas, elle a fait du chemin, surmonté de nombreux obstacles pour devenir active au sein de la communauté des nouveaux Etats des années 60.

Membre fondateur de l’union africaine, la Guinée de Touré a souhaité jouer un rôle actif au sein de cette institution, dont les objectifs à terme devraient unir tous les peuples noirs. C’est une chance pour les anciens  d’appartenir à cette époque des révolutionnaires. Crier fort à la gloire des héros nationaux. Ceux qui avant ont perdu des combats face aux colons français et britanniques.

Les artistes parlent de la Guinée de Lansana Conté, le militaire. Le président paysan. C’est à travers lui, la démocratie telle qu’elle a toujours fonctionné chez nous, a fait son entrée. Du moins elle a subi une petite transformation avec l’autorisation des élections. Nous en avons eu 8 y compris le référendum de 2002. Il a tout remporté, mais elles ont eu lieu et connu la participation de plusieurs partis politiques. Les plus petits, les moins significatifs et les plus forts. Tous s’identifiant aux ethnies et groupes linguistiques ont souffert. Il faut tout de même le dire des partis politiques ont lutté pour obtenir quelques textes qui garantissent les libertés individuelles.

Le régime nous a construit le barrage Garafiri. Même avec Kinkon qui existait déjà, nous n’avons pas pu régler pour nous-mêmes le problème d’électricité. Les gens ont travaillé. Certains ont chômé. Les artistes ont chanté l’œuvre d’un président bâtisseur. Avec lui, les journalistes restent d’accord que ça été bon et dure à la fois. Les ondes audio visuelles ont été libéralisées dans la moitié de la décennie dernière plus de 10 ans après la libéralisation de la presse. Les guinéens ont manifesté leurs colères et joies. Mais jamais ils ne peuvent compter le nombre de fois qu’ils ont été surpris par le vieux. On est longtemps resté dans la contestation avant de réaliser qu’elle ne pouvait pas nous sortir de ce qui semblait devenir une torpeur.

Les artistes chantent aussi la période transitoire avec plusieurs titres et des versions différentes. Notre pays a évolué. Les années ne sont pas restées les mêmes. Nous sommes en train d’écouter les mélodies à volonté. Elles évoquent la Guinée d’Alpha Condé dans son changement. C’est la Guinée de maintenant qui jouit des efforts des anciens. Avec cette ère du progrès en marche, c’est le barrage Kaléta, les hôtels et plusieurs promesses. Il y a de quoi être fier. Il y a de quoi se poser des questions sur ce passé qui divise. Mais la réponse va être donnée par le chef. Il parlera de l’histoire de ce pays. Il parlera de la souveraineté, de la nécessité d’unir les guinéens sans forcément passer par la justice. Pour lui, la question a été réglée depuis que les victimes sont devenues des bourreaux. Fêtons. Dansons seulement.

Jacques Lewa Leno

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