Desserte en eau potable: Diouldé face aux robinets secs ( Jacques Lewa)

Un Directeur Général devrait parler. Surtout lorsqu’il est accusé. Il faut prendre la parole soit pour présenter des excuses ou rejeter les faits qui lui sont reprochés. C’était la semaine dernière, à l’occasion de la tournée du ministre de l’énergie et de l’hydraulique. Cheick Taliby Sylla s’est interrogé sur l’utilisation des fonds alloués à la société des eaux de Guinée pour l’amélioration de la desserte en eau potable. Une interrogation peu acceptable de la part d’un ministre devant la presse. Nous aurions aimé entendre de lui rien que des réponses aux lancinantes questions que se posent les citoyens de Kaporo dans la commune de Ratoma. Cela fait des années qu’aucune eau n’y a coulé dans un seul robinet. Normal dirait-on. C’est une zone réservée de l’Etat.

En revanche, la sortie du ministre était intéressante, puisque c’était devant le directeur de la SEG. Diouldé n’a pu répondre sur place et son ministre l’invite à réagir non pas devant la presse, mais dans le cadre administratif. Alors la population attend de tout savoir. Au moment où certains habitants des quartiers en hauteur ne reçoivent l’eau que deux fois par semaine. La prochaine fois que le directeur général de la SEG prendra la parole en public, il devra garder à l’esprit que tout comme le ministre, nous autres voulons savoir. Nous voulons savoir pourquoi avec les nombreux cours d’eau qui arrosent notre pays, les communes urbaines de l’intérieur sont obligées de creuser des puits. Nous voulons comprendre pourquoi est-on obligé de transporter de l’eau dans les citernes à Bantounka et à Simbaya dans Ratoma.

Le ministre, son chef direct, ne s’est pas interrogé seulement. Il a fait des constats avec des journalistes. Des stations de pompage mal entretenues, abandonnées par endroit. Les agents de la SEG sont absents. Quelles en sont les raisons ? Il faut nécessairement se prononcer pour justifier l’absence des installations de la société à Ansoumaniah et Bailobaya dans la commune de Dubréka. Il semble que la guinéenne des eaux et sa direction ne peuvent pas être seules responsables de la pénurie actuelle. Leur responsabilité ne peut pas être dissociée de celle du ministre de l’énergie.

Le ministre Taliby doit alors œuvrer pour que les réponses s’obtiennent. Il est le chef de ce département depuis des années. Les constats devraient être faits dès les premiers mois. Il dispose d’une inspection à même de faire un travail de terrain qui peut lui permettre de décider. Un ministre agit. Il ne dénonce pas le manque d’actions d’un de ses adjoints. Un ministre invite ceux qui agissent sous son autorité à mettre en œuvre la politique du gouvernement telle qu’elle est définie dans la lettre de mission du président. Un ministre ne perd pas son temps à défendre l’indéfendable en revanche.

Il est incompréhensible qu’il ne voit le noir que dans le travail de la société des eaux de Guinée au moment où les quartiers de Conakry replongent dans le noir. L’électricité pour tous et pour l’Afrique ne serait en réalité qu’un rêve encore ? Nous aurons du mal à vendre du courant à un pays de la sous -région, s’il doit en être privé pendant la période d’étiage.