Collectivités: Nos maires sont enfin élus ( Par Jacques Lewa Leno)

Nos maires enfin élus. C’est terminé, comme c’est terminé. Bouréma n’est jamais pressé. Il prendra le temps nécessaire pour mettre en place les exécutifs au niveau des quartiers, districts et régions. Ça peut se faire progressivement jusqu’en 2020. Le plus important c’est d’avoir la bénédiction du piroguier national en manque de pagaie. C’est lui le patriarche du pays. C’est un autre titre qu’il vient d’avoir sans postuler. A l’unanimité, ceux qui croient aux promesses ont cru bon de lui confier cette responsabilité morale. De temps à autre, il peut aider à la résolution des problèmes dans les nations en paix et économiquement plus stables.
Nos collectivités décentralisées apprennent à faire du progrès en marche un slogan. Chaque maire l’épouse et ne sera jamais le pourfendeur de ce régime. Ce serait à ses risques et périls. Les forces sociales en imagination de Sékou Koundouno le savent. Ce n’est pas parce que le maire de Dixinn est de l’UFDG qu’elles pourront y manifester. Elles peuvent essayer la prochaine fois à Ratoma. Leur surprise sera aussi grande lorsque Taran va invoquer de multiples raisons pour leur opposer un refus malicieux. Il est élu, mais il attendait Tos et Kolofon Diakité pour prendre fonction.
Nos maires ne sont pas naïfs. Ils ne peuvent mobiliser des ressources au niveau de leurs communes ne serait-ce que pour le fonctionnement de leurs conseils. Ils espèrent un jour bénéficier au moins les 15% des revenus miniers pour exister. Alors aucune démarche contraire à la politique du patriarche ne sera tolérée. 2 milliards par an pour chaque sous-préfecture. C’est la promesse du patriarche, notre piroguier national. Un petit calcul vous donne 808 milliards de francs guinéens pour les 304. Le budget de 2019 prévoit une allocation de 518, 8 milliards pour l’ensemble des 342 collectivités. Le Président qui n’a parlé que de sous-préfectures, laisse un flou. L’argent part-il pour les administrateurs territoriaux ou pour les élus ? Une question. La seconde, si c’est pour les sous-préfets, pourquoi en faire ? Se construire des logements ? En attendant que les bonnes réponses soient données puisque le chef peut se tromper, la part du budget allouée aux communes, si elle est repartie équitablement ou pas donnera environs 1, 500 milliards pour chacune des communes urbaines et rurales. Ce fond c’est pour le développement.
Les 2 milles milliards de l’agence française de développement, sont encore une promesse d’aide. Et les maires doivent d’abord monter des projets et convaincre les partenaires au développement.
Les derniers cours sur la décentralisation se sont terminés dans la cour de Sekoutouréyah. Autour des plats guinéo-européens. Pour être en harmonie avec la mondialisation de la bonne bouffe. Et les maires, préfets, sous-préfets et gouverneurs ont tout écouté. Du fonio ensaché une réalité. Une usine d’anacarde à Kankan, bientôt une autre à Kindia.
Deux anciens présidents ont visité la Guinée. Deux, différents par la peau et la vision de la politique. L’un a été renvoyé du palais présidentiel de Dakar. Les citoyens ne lui ont pas renouvelé leur confiance. Le second n’a tout simplement pas osé livrer une bataille dans les urnes. Il est plus proche d’Alpha puisqu’ils sont tous les deux membres de l’international socialiste. En observant l’actualité au Sénégal et les relations tendues entre Macky Sall et le président guinéen, on peut bien comprendre ce rapprochement soudain de l’autre ancien opposant historique de l’Afrique de l’Ouest de l’homme de Conakry. Surtout qu’il voulait bien se faire remplacer par son fils condamné. Le patriarche de Sékoutouréyah ne voudrait pas encourager son option de perturber le processus en cours. Le retour voulu triomphale de Cellou, empêchée par les forces de l’ordre pour dit-on rassurer les étrangers et nos maires.

Jacques Lewa Leno