La mobilisation de fonds dans les départements et régies encourage le détournement ( Jacques)

Un comité de soutien au sily national de Guinée. Nos autorités ont bien pensé. On n’ignore le temps qu’a pris la réflexion, mais lorsqu’on a une petite chance de jouer la CAN, on fait la fête. Nous faisons la fête et le gouvernement trouve que c’est le moment idéal pour accompagner nos footballeurs. L’argent se collecte dans les départements ministériels, régie financières. Une dépense de cette nature n’est jamais prévue dans le budget national de développement. Certains donnent beaucoup, d’autres un peu. Le tout comptabilisé fait une fortune dont l’utilisation n’a jamais fait l’objet de communication. En tous les cas, l’argent ainsi collecté sous fond de folklore ressemble à un détournement.
Le sentiment de joie qui anime tous les guinéens aux 16èmes de finales et la déception au terme des malheureux quarts de finales, font qu’on n’a souvent pas demandé de compte. La campagne la plus récente a été présidée par Oyé Guilavogui, alors ministre des transports. Il est important, ou tout au moins, il était important de communiquer sur les dépenses qui ont été effectuées. Le montant global se le rappelle-t-il encore, s’élevait à combien ? Ce sont des détails, il nous semble important, pour encourager d’autres guinéens à donner. 
Autrement, les équipes nationales, toutes formées et encadrées sous le leadership des différentes fédérations, devraient pouvoir se prendre en charge. Le Burundi, la Mauritanie ont raison pour leur première participation de vouloir se faire accompagner par l’Etat. Mais le président de la fédération burundaise de football a pris la peine de préciser que son association ne disposait que de 100 mille dollars et présenté les dépenses pour les joueurs et le staff d’encadrement. La fédération guinéenne de football peut faire autant. La Mauritanie organise un téléthon. Un mouvement initié comme la Guinée par le ministère en charge des sports à la suite du gala qui a déjà eu lieu à la fédération mauritanienne de football, sous la présidence du Chef de l’Etat Mohamed Ould Abdel Aziz. Parce que l’Etat a bien compris que c’est une cause nationale portée en premier par la fédération. C’est donc un symbole. La fédération se bat et ça se voit de loin. L’une des rares à disposer d’un stade construit par elle-même. L’une sinon la seule à disposer d’une chaîne de télévision pour accompagner par les images les matchs du championnat national. Le football mauritanien se construit et ses ambassadeurs ont éliminé les étalons du Burkina dont la qualité n’est pas à discuter. Cela veut tout dire. Lorsqu’on veut, on peut.
Les autres nations semblent dépasser cette étape qui est, avouons le, la première dans la construction d’une équipe nationale. Les fédérations ont certes des difficultés, mais elles ont des bases solides. Le mécanisme de financement des championnats s’adapte au contexte et se montrent de plus en plus disposées à faire face à la concurrence. C’est pourquoi les équipes qu’elles encadrent sont toujours aux grands rendez-vous. Coupe d’Afrique des Nations, coupe du monde et n’y vont pas pour faire simple figuration. 
Il faut désormais espérer dans un premier temps que le comité de soutien au syli national à la CAN 2019 se montre transparent. L’origine des sommes collectées dans les ministères et régies financières de l’Etat doit être connue, les dépenses bien expliquées. La fédération guinéenne de football doit continuer à travailler pour doter les équipes nationales d’un système de financement à même de les mettre à l’abri de toute mendicité.

Jacques Lewa Leno,