Le parlement travaille quand même ( par Jacques Lewa Leno)

Le parlement avarié travaille quand même. Il examine les dossiers avec une telle rapidité que la vitesse de l’éclair ne peut égaler. Une demande de la levée de l’immunité parlementaire rejetée par le bureau de l’Assemblée nationale. C’est bien à ce niveau la décision a été prise. Ainsi donc, Damaro s’est il sorti d’affaire. Beaucoup ont exprimé leur doute lorsque le tribunal de première instance de Kaloum a déclenché la procédure il y a juste deux semaines. Tout est allé très vite. Il n’y a pas de temps à perdre. Et inutile de créer un précédent fâcheux au sein d’une institution qui est restée très en deçà des attentes du peuple.
Les magistrats croient avoir été diffamés par le président du groupe de la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale. Ils ont tenu des réunions pour exprimer dans un premier temps leur colère, puis des menaces. Nous avons entendu leurs discours. Personne n’avait cru. Pas même les adversaires de Damaro, qui pour une fois, lui ont témoigné tout leur soutien. Dans les discours et dans les actes. Les députés de l’opposition n’ont trouvé aucun intérêt à livrer l’homme de Kérouané aux magistrats dont ils ne cessent de dénoncer, la corruption, la dépendance et l’incompétence. Au moins un choix est fait. Une union sacrée comme celle qu’ils ont affichée dans l’ensemble lors de la modification de la loi électorale. Ils s’aiment bien n’est ce pas ?
Les magistrats ont désormais une image à soigner. S’il existe le meilleur savon du monde, ils doivent se laver avec. Cette réaction du parlement signifie que les politiques de la mouvance et de l’opposition ont le même avis : les magistrats guinéens ne traiteraient pas bien les dossiers, ils seraient corrompus, manipulés, manipulables et injustes. C’est une double gifle. Damaro dit ce qu’il pense, ils sont choqués, mais ils ne peuvent pas le faire payer. Ils doivent répondre à trois questions : Comment traduire Amadou Damaro Camara devant les tribunaux et probablement le faire condamner pour une critique qui n’est pas la première à leur encontre ? Comment se faire respecter par ce député et les autres désormais ? Comment se faire accepter par tous les justiciables ?
La démarche à eux suggérée, consiste et les contraint à se faire respecter. Pas en condamnant pour condamner, pas en condamnant seulement les opposants, mais en traitant les accusés au même pied d’égalité. Ils ne peuvent pas y arriver, s’ils continuent à recevoir et exécuter les injonctions de l’exécutif. Ils n’y arriveront jamais, s’ils continuent à juger en fonction des offres financières et politiques des demandeurs ou prévenus. Se rappellent-ils. Ousmane Gaoual Diallo, député UFDG a été traduit au tribunal de Mafanco sans qu’on ait levé son immunité parlementaire : ils avaient invoqué la flagrance. Se voient-ils rattraper déjà.
Le combat est double pour eux. Qualifier leur prestation en restant rattaché aux textes qui gouvernent notre pays et renforcer l’unité et la confraternité non malsaine entre eux à l’image des députés de la République. Sans unité, ils ne peuvent être cités en exemple comme leurs confrères sud africains. Sans unité, beaucoup se verront sanctionnés par le pouvoir exécutif qui a le pouvoir de nomination et même d’affectation. Les magistrats ont à gagner en notoriété. Les politiques viennent de les trainer dans la boue et dans la poussière en même temps.

Jacques Lewa Leno, Journaliste au groupe au Hadafo Médias