Énergies renouvelables: Qu’est ce qui change ? ( Par Jacques Lewa Leno)

Le président guinéen, président en charge des énergies renouvelables en Afrique. La Guinée avec ses barrages. Ces centrales thermiques. Et solaires dans les réflexions. Nous sommes 50% sans électricité sur le continent. Nos voisins font des efforts et font une migration exceptionnelle. Ils ne sont pas plus frappés par les rayons solaires que nous. Mais leurs responsables sont plus frappés par la situation de leurs compatriotes.
Quelques chiffres, bien sûr très discutables donnent de l’espoir. D’abord les besoins. Ils sont grands, mais les spécialistes ; plutôt décideurs de l’ère du changement, les évaluent très mal. Tout est fait sur la base des potentialités (6.000 MW). Toutefois, seulement 2% de ce potentiel serait mis en valeur et ne profiterait qu’à 8% de la population. C’est ce qu’on peut lire sur Vivafrik.com, un site web qui traite des questions énergétiques et de développement durable.
Nous ne sommes plus à ce stade. Le gouvernement voit les choses mieux que ce site. Le taux d’électrification de 13,4% en 2013, en moyenne nationale (7,6% en zone rurale et 21,6% pour le réseau interconnecté dans son ensemble), est passé en 2018 à 35,2% en moyenne (23,5% en zone rurale et 54,3% pour le réseau interconnecté).
Bon, ce sont les données officielles communiquées il n’y a pas longtemps par le ministre Cheick Taliby Sylla, l’ouvrier de Kaléta-Souapiti. Chacun peut alors faire une simple observation. Plus de 35% de guinéens ont-ils accès à l’électricité ? Au cas où la question serait mal posée, on la modifie un peu : plus de 35% du territoire guinéen sont-ils couverts par le réseau électrique ? Chaque guinéen, peut oublier les documents et regarder autour de lui.
Le territoire est visible. L’obscurité aussi. Et les mêmes discours disent que les énergies renouvelables sont d’une nécessité absolue pour deux raisons principales : elles ne coûteraient pas chères et elles conditionnent le développement durable. On le dit, on va jusqu’à abriter un forum international sur cette question. Mais nos gouvernants parlent plus qu’ils n’agissent. Rien de photovoltaïque en projet. Les efforts du gouvernement sont tournés exclusivement sur les centrales thermiques et l’hydroélectricité qui ont encore du mal à répondre favorablement aux besoins des populations.
Alors la campagne africaine que notre président mène a dû se limiter où ? A Addis Abeba ? A ses rencontres périodiques aux quelles nous avons assisté de loin, nous avons beaucoup plus entendu un panafricaniste moderne s’exprimer sur une question avec beaucoup d’ambitions. Seul problème, il a manqué d’initiatives à l’image du Sénégal et du Burkina Faso qui ont expérimenté et concrétisé dans la même période des projets novateurs. Les centrales solaires Ten Mérina, la quatrième du Sénégal dans le département de Tivaouane de 30 Mégawatt et celle de Zagtouli à Ouagadougou au Burkina Faso de 33 mégawatts, sont les plus grandes de la sous-région réalisées en 2017 par Macky Sall et Christian Kaboré. Deux élèves mieux que le maître, prêcheur de la bonne nouvelle. En plus ils essaient de respecter les engagements qu’ils ont pris aux dernières conférences sur le climat, pour réduire l’émission des gaz à effet de serre. Ça ne serait pas mauvais de les imiter. On vanterait moins les petites initiatives.

Jacques Lewa Leno, journaliste au groupe Hadafo Médias