Sortie du président à N’zérékoré : Faya Millimono répond à Alpha Condé

Alpha Condé a dans un discours prononcé ce weekend à n’zérékoré accusé l’opposition guinéenne d’être à la base de toutes les tueries dans les manifestations politiques. « Il y a des gens qui n’hésitent pas à tirer sur des gens pour accuser les forces armées. C’est pourquoi désormais nous n’accepterons plus dans tout le pays, quand il y a un mort dans la rue, on fait une ceinture de tout et on permet à la police judiciaire de venir faire le constat. Vous serez surpris lorsque vous verrez les résultats de l’autopsie »

Une sortie qui ne laisse pas indifférent certains membres de l’opposition guinéenne notamment Faya Millimono. Pour lui, l’opposition ne fait qu’exercer un droit constitutionnel. «S’il continue à mettre le pied sur l’accélérateur, il sortira par la petite porte. Ce que nous ne lui souhaitons pas. Comment peut-on mettre sur la même balance celui qui exerce un droit constitutionnel et celui qui commet un crime?», s’interroge l’opposant. Faya Millimono estime que les forces de l’ordre sont à la base des tueries.

Alpha Condé dit que la nouvelle constitution ce n’est pas une affaire de troisième mandat mais qu’il ne veut pas laisser le pays dans les mains d’un clan qu’il qualifie de bandit et qui a dirigé pendant 10 ans la Guinée. Le président du Bloc Libéral pense qu’une loi ne doit pas être faite pour écarter quelqu’un.

« Le président de la République parle de bandits, je ne sais qui il appelle bandits. Je ne veux pas m’aventurer sur ce terrain là. Tout ce que je peux dire au nom du BL, nous encourageons la rupture dans ce pays. La gestion du passé tout comme celle d’aujourd’hui laisse à désirer. S’il veut dire que le prochain président de la République doit être quelqu’un qui doit donner une nouvelle direction à notre pays, qui doit créer la rupture dans notre pays, je serais d’accord avec lui. S’il veut dire que le prochain président doit être différent de lui et ses prédécesseurs, le BL est dans ce cas un excellent candidat ».

Selon Faya Millimono aucune disposition de la Constitution de 2010 ne permet au chef de l’État de briguer un nouveau mandat en 2020 et estime que la population guinéenne ne l’entendrait pas de cette oreille.

Mamadou Bhoye Bah/ Valek Touré