60 ans après, réalisons nos rêves

Fierté nationale. La Guinée a accueilli du monde. Les Chefs d’Etat et plusieurs délégations ont tenu à vivre ce moment de joie avec nous. Le 2 octobre, revêt un caractère continental. Les anciens pays dominés trouvent en cette audace des guinéens d’alors, la voie qui a conduit à la liberté. Oui à la liberté surtout politique. Ce n’est jamais suffisant de commémorer cet événement de 1958 qui a eu des répercussions sur le reste du continent.

Nous pouvons néanmoins poser le problème de l’Afrique noire. La quasi-totalité des pays qui ont accédé à leur indépendance ont plus d’un demi -siècle d’existence. Nous gardons cependant avec les anciens maîtres des mêmes identités raciale, linguistique et confessionnelle. C’est le fruit du métissage. Nous avons toujours en souvenir les tors que les puissances impérialistes nous ont fait.

Par leur cruauté, nous avons été placé d’un côté de l’histoire. Le côté de ceux qui suivent l’évolution du monde, de ceux qui s’inspirent, de ceux qui subissent, de ceux qui s’adaptent. Nous sommes et depuis toujours derrière le rideau. Il faut bien qu’on le lève pour qu’on nous voit. Nous sommes les sujets de discussions et de stéréotypes.  Parce que nous n’avons pas de sujet à proposer.

Les grandes questions sont évoquées ailleurs, alors qu’elles nous concernent le plus. Problématique du réchauffement climatique : l’agenda de la lutte est détenu par ceux qui en sont responsables. Nous aimerions paradoxalement qu’ils soient gentils avec nous. C’est un rêve comme les autres.  Un rêve comme celui de nous voir un jour poser notre véto à l’ONU pour empêcher une intervention militaire en Libye ou en Côte d’ivoire. Un rêve, comme celui de contrôler nous-mêmes les informations en provenance de chez nous. Parce que celui qui contrôle les informations, prend toujours en premier la décision qui lui est favorable. Un rêve comme celui de fixer le prix d’un produit sur le marché international. Nous vendons et achetons au prix souhaité par les anciens et nouveaux patrons.

C’est aussi un rêve comme celui de disposer des moyens pour notre propre sécurité. Ainsi le G5 sahel n’attendrait pas un geste des mauvais occidentaux pour son fonctionnement. Un rêve comme celui de se munir de marque d’armes de guerre et de munitions fabriqués en Guinée ou en Afrique du Sud. Un rêve, comme celui d’oser un jour faire des essais nucléaires à l’image de la Corée du nord dont le président se fait inviter pour discuter d’égal à égal avec le Président de la première puissance du monde. C’est ce genre de rêve qui a fait de la chine autre fois de notre côté, la deuxième puissance économique du monde. L’empire du milieu l’appelle-t-on, capable de livrer une guerre commerciale contre le pays de Donald Trump. C’est un grand rêve poursuivi depuis longtemps par les Etats de l’Afrique du nord et certains pays d’Amérique latine. Ils ne l’ont pas encore réalisé eux aussi, mais ils sont en meilleure position.

Nous courons vers le centenaire. On a l’impression que le temps passe plus vite maintenant qu’avant. Nous avons manqué le rendez-vous des objectifs du millénaire pour le développement. Nous faisons moins d’efforts pour garantir dans tous les pays le développement durable. La souveraineté assumée passera aussi par la réalisation de ces nombreux rêves par la Guinée et par l’Afrique, après ce beau défilé au stade de Conakry.

Jacques Lewa Leno

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