Ces politiques criquets qui parlent au nom du peuple ( Par Jacques Lewa Leno)

Il faut absolument être un criquet pour connaître les protagonistes. Il n’y a pas dejugement possible sur les comportements des uns et des autres. Tous ont des pattes, volent et chipotent ensemble. Leurs victimes, les feuilles des plantes mêmes les plus utiles à l’humanité. Et comme ça, comment pourrait-on les définir ? Des criquets gentils parmi les méchants ? Des criquets qui ont plus le souci de préserver des herbes et fruits que d’autres ? Tous sont les mêmes. Tous ne sont utiles que pour eux-mêmes. Tous sont nuisibles pour les autres qui peuvent être leurs victimes directes et indirectes.

Les criquets, sont comme nos politiques. Difficile de distinguer les bons des mauvais. Les gentils des méchants. Les compétents des médiocres. Nos politiques inspirent les criquets nuisibles et inversement. Parce qu’ils sont tous nuisibles. Dans cette bataille en cours, dont on ne peut évaluer l’évolution, personne ne peut parier sur la finalité. Et c’est vrai que tous se plaindront et se réjouiront du résultat.

Si nous voulons comprendre, allons au-delà des déclarations. Si nous voulons mieux comprendre, ignorons ces mouvements de lutte ainsi que leurs slogans, Amoulanfé, Alan manè. Si nous voulons comprendre et choisir un camp, considérons le peuple comme une victime et ceux qui parlent en son nom dans les deux groupes et qui font semblant d’être opposés, comme les bourreaux. Leur souhait, c’est de voir le peuple disparaître. Ainsi donc, ils pourront à eux seuls, s’arroger les titres d’acteurs politiques, d’organisation de la société civile, gouvernement et peuple. Le vrai peuple deviendrait donc celui qu’on ne peut ou doit jamais entendre. Puisqu’on ne lui donne jamais la parole, on préfère lui imposer de manière subtile des projets minables. On les lui impose et l’oblige à garder son rôle de spectateur amorphe. Personne ne se bat pour le peuple : Amoulanfé et Alan manè. Personne ne le défend :
Amoulanfé et Alan manè. Et pour le comprendre on peut questionner dans
les détails, ce sur quoi chacun semble fonder son engagement : les pro-nouvelle constitution disent que celle qui est là n’est pas bonne. Ils disent même que le peuple n’a pas été consulté en 2010, pour le peuple, le chroniqueur pourrait leur poser la question : le peuple s’en est il plaint ? Le vrai peuple de Guinée, pas leur peuple à eux, a-t-il demandé une nouvelle constitution ? Quand ? Comment ? A quelle occasion ? Ceux qui sont contre l’adoption d’une nouvelle constitution disent le peuple n’en veut pas. D’accord. Le chroniqueur aussi pense que le peuple n’en veut pas. Mais le vrai peuple, pas le peuple à nous, l’a-t-il déjà dit ? Quand ? Comment ? A quelle occasion ? Le peuple existe, chacun peut librement lui donner la parole, il donnera son avis. Et pourquoi, les organisations de la société civile qui ne mobilisent plus dans ce pays depuis des lustres, se voient obliger de
s’agripper aux partis politiques pour leurs militants ? Est-ce le vrai peuple de Guinée ? Le vrai peuple se trouve aussi dans le monde rural, dans les champs, dans les marchés. Le vrai peuple, ce sont ses ouvriers dont les conditions de vie ne sont jamais l’objet du combat des acteurs sociaux et politiques criquets. Le vrai peuple, il faut lui expliquer les enjeux du moment pour qu’il adhère avant de parler en son nom.

Jacques Lewa Leno, journaliste au groupe Hadafo Médias

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :