Quand les femmes du ministère de l’élevage se préoccupent des pagnes et oublient l’essentiel

 Mohamed Tall. Nous n’aimerions pas être à sa place. Déjà, le jeune cadre de l’UFR a ses problèmes qui l’empêchent de faire fonctionner le département de l’élevage, c’est un autre, mais faux qui vient faire sa publicité. Cette fois, nous voulons être de son côté, même si la viande coûte encore cher. Un ministère ne vaut que ces cadres. Ce n’est vraiment pas un soutien au ministre des animaux de notre pays, parce qu’il ne peut expliquer ses contreperformances depuis qu’il est là. La sortie des femmes pressée de voir le 8 mars nous amène à l’ignorer un peu. Quelle fête ? Quel pagne ?

Les femmes qui auraient dû en premier exprimer leur soutien aux enfants et à l’école en crise sont si déterminées à dilapider les deniers publics, qu’on a bien envie de comprendre leur projet. Et comme ça, pour les femmes de ce département, ce qui compte, ce sont des pagnes pour faire la Mamaya avec. Elles ne sont même pas préoccupées au fond par les questions des femmes qu’elles sont, sinon elles se seraient méfier de donner ce spectacle le plus humiliant de ce début du mois. Quand on parle de la fête des femmes dans des pays qui ne sont pas comme le nôtre, les femmes intellectuelles se retrouvent pour discuter. Pas seulement, au cours du mois qui leur est consacré, elles agissent en faveur de leurs sœurs défavorisées.

Les femmes de l’élevage seraient félicitées si elles avaient soumis un projet d’aide aux femmes de l’arrière-pays qui évoluent dans ce secteur, que Mohamed Tall avait refusé de financer. Toutes les femmes de Guinée devraient s’indigner et condamner celles qui ne les honorent pas ce mars 2018. Ce n’est pas parce qu’on ne les comprend pas, mais c’est parce qu’elles ne se font pas comprendre. Elles, elles réclament des pagnes de plus de 100 milles l’unité, elles peuvent même réclamer des chaussures de 200 milles, des foulards aussi, pour danser. Elles ne se demandent pas et là nous le croyons désormais, dans quelles conditions les femmes du monde rural célèbrent cette fête. Elles ne s’interrogent même pas si les femmes qui vendent dans les marchés de Conakry ont la tête à cette fête. Elles n’ont aucun projet d’éducation de la jeune fille en vue de maximiser leurs chances d’échapper aux violences qu’elles subissent tous les jours.

 Une petite fille qui n’a pas sa mère auprès d’elle vient de se faire brûler les mains par une prétendue grand-mère. Ça s’est passé dans un village de Kindia. Les vraies questions sont là, les vrais problèmes auxquels les femmes doivent s’attaquer ne sont pas dans les ministères, ni dans les pagnes. Ils sont dans les villages, dans les champs, dans les marchés. C’est pourquoi, comme nous le disions l’année dernière, les femmes, celles qui sont conscientes et elles sont nombreuses heureusement, doivent délocaliser l’espace de fête du palais du peuple pour les bas quartiers. Elles pourraient donner l’occasion au moins une fois aux femmes qui cherchent un bénéfice de 10 milles francs guinéens sur leur commerce, à sourire un peu. Elles veulent se sentir soutenues. Elles n’ont pas besoin que nos mamans portent des pagnes en indigo. Elles attendent des messages et des enseignements sensés sur la gestion des ménages, la lutte contre l’excision, la scolarisation de la jeune fille. Les femmes du ministère de l’élevage doivent le savoir.

Jacques Lewa

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