Grève des enseignants: un citoyen écrit au syndicaliste Aboubacar Soumah

A Monsieur SOUMAH, syndicaliste

Recevez très humblement, cette lettre venant  d’un pauvre citoyen  soucieux de l’avenir de son pays.  Je voudrais  entre ces lignes  me permettre de louer à plus d’un titre votre courage malgré les qualifications  qui ont émaillé la grève  que  vous avez déclenchée le 13 novembre 2017. Vous avez été abandonnés de part et  d’autre par ceux  qui se font plaire pour des intérêts simplement égoïstes et égocentriques. La grève a été suspendue peu après, mais la légitimité de votre combat ne l’a pas arrêtée. Vous avez été  suivi, écouté  et aujourd’hui,  le monde vous applaudit parce  que votre lutte  est honnête. Peu importe ce qu’on dit de vous.

Je voudrais vous exhorter à aller à un dialogue franc. Pensez à votre génération,  vous-même vous savez que le système éducatif est agonisant. Vouloir arrêter les cours même pour une semaine de plus, nous nous trouverons  en face d’un cadavre  éducatif. Pensez à ces pauvres citoyens dont leurs enfants restent  à la maison ces derniers temps.

 Ce que je voudrais vous  dire, le plus grand honneur dont un homme peut se réjouir  est d’avoir  été  soutenu dans  un combat légitime. Cet honneur, vous  l’avez maintenant, vous. Ce n’est plus la  peine ; je vous  prie Monsieur de mettre fin à cette grève qui paralyse non seulement le système éducatif mais aussi les autres secteurs, surtout quand on sait que le Guinéen vit le « jour au jour ».

Revenir sur sa décision, je sais ce que  cela peut avoir comme impact pour un homme. Je sais que c’est la seule manière qu’un homme puisse « avorter ». Mais n’oubliez pas aussi qu’un « grand homme se reconnaît par sa capacité à pardonner ».  Vos détracteurs diront ceci :

-il a renoncé » » ;

-« il a dit qu’il est le plus fort mais il a désisté » ;

-« il voulait se faire ou se prendre pour un héros », etc. Ce sont eux qui le pensent ; ils le diront ainsi ; mais vous aurez agi dans l’intérêt de tout un peuple. Et je sais que vous êtes capable de surpasser toutes ces considérations.

Je ne voudrais pas  être très long dans mes propos.  Je suis convaincu que  mon message est bien  compris et que vous prendrez toutes les dispositions pour surseoir à cette grève.

 Veuillez accepter  Monsieur  le syndicaliste, l’expression de mon  profond respect.

 Aly KOMANO, diplômé sans emploi

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