Guinée: des journalistes molestés par des hommes en uniforme à Conakry

Alors qu’ils étaient partis pour apporter leur soutien et exiger la libération de Aboubacar Camara, Directeur général de Gangan RTV, arrêté suite à une rumeur donnant pour mort le président Alpha Condé, des journalistes ont passé un sale moment ce mardi 31 octobre à l’Escadron no 3  de Matam. 

Dans la matinée, le groupe Gangan RTV a organisé une conférence à la maison commune des journalistes pour expliquer dans quelles situations il se trouve après l’arrestation de plusieurs membres de son personnel qui ont été libérés après interrogation à l’exception du Directeur.

A l’issue de cette rencontre, les journalistes de la presse privée ont alors décidé de se rendre à l’escadron de Matam où Aboubacar Camara a été transféré après avoir passé une nuit à Yimbaya pour savoir dans quelles conditions celui-ci est détenu.

Une fois sur place, les agents leurs refusent l’accès à leur confrère. Ce qui irrite la colère des visiteurs qui estiment incompréhensible ce refus d’accès non justifié. De là, démarre une altercation qui fera plusieurs blessés dans les rangs des journalistes. Du matériel de travail des hommes de médias sera également détruit par les gendarmes. Environ 15 blessés ont été enregistrés.

Choqué, le président de l’URTELGUI qui était sur les lieux  n’exclue pas de porter plainte contre les gendarmes qui ont brutalisé les journalistes.  » De mémoire de journaliste, après 25 années d’exercice du métier de journaliste, ce que je viens de voir ici, je ne l’ai jamais vu de ma vie. Les journalistes sont terrassés au beau milieu du goudron, piétinés, leurs chemises déchirées, la plupart sont en sang. Prendre les téléphones, les dictaphones les casser au beau milieu de la route. Trop, c’est trop.  Nous ferons recours à tous les moyens légaux qui sont à notre disposition pour que nous soyons rétablis dans notre droit. Tout ce qui a été détruit soit remplacé et nous porterons plainte pour coups et blessures sur les journalistes dans l’exercice de leur métier ».

Aux dernières nouvelles, Aboubacar Camara est en liberté « provisoire » depuis 18 h (mardi 31 octobre) mais les réactions d’indignation se multiplient. Pour beaucoup, c’est un grand coup qu’a pris ce jour la liberté de la presse en Guinée.

Mamadou Bhoye Bah

 

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