Meurtre de Hamidou Diallo à Bambéto : le capitaine Kaly Diallo dit être sacrifié par sa hiérarchie

L’assassinat par balle du jeune Hamidou Diallo, lors d’une marche de l’opposition à Conakry, le 16 août 2016, revient au-devant de la scène. Le procès du capitaine Kaly Diallo, présumé auteur du coup de feu mortel, a repris ce mardi, 4 décembre 2018, devant le tribunal criminel de Dixinn, a constaté sur place Guineematin.com à travers un de ses reporters.

Le capitaine Kaly Diallo, officier de police de son état, est accusé d’avoir administré des coups et blessures volontaires, ayant entrainé la mort sans intention de la donner. Les faits se sont produits à Bambéto, dans la commune de Ratoma, le 16 août 2016 à l’occasion d’une manifestation organisée par l’opposition républicaine. Kaly Diallo avait été mis aux arrêts quelques jours après et placé sous mandat de dépôt, le 25 août 2016.

Ce mardi 4 décembre 2018, il a comparu devant le tribunal de première instance de Dixinn pour donner sa version des faits. Dans ses explications, l’accusé a dit que ce jour-là, il a été déployé à Taouyah par le commandant Ibrahima Sory Diabaté pour sécuriser la manifestation. « C’est aux environs de 17 heures qu’Ibrahima Sory Diabaté m’a appelé pour me dire d’aller avec mes hommes au niveau de l’ambassade des Etats Unis.

Quand nous sommes arrivés sur les lieux, le commandant m’a dit que ça ne va pas à Bambéto. Il m’a dit d’aller occuper la voie qui va vers Hamdallaye, et que lui et ses hommes vont s’occuper de l’autre voie qui remonte vers Cosa. C’est ainsi que nous sommes venus au niveau du rond-point de Bambéto. Comme il y avait assez de monde, j’ai utilisé le gaz lacrymogène pour dispenser la foule. Mais, je n’ai jamais utilisé mon arme qui était dans le camion », a-t-il expliqué.

L’officier reconnaît donc qu’il était armé ce jour-là, contrairement à la version officielle qui dit que les agents de sécurité ne sortent pas avec des armes lors des opérations de maintien d’ordre. Il ajoute qu’il n’était d’ailleurs pas le seul officier qui portait une arme. « On n’avait pas l’autorisation expresse de porter une arme. Ce jour, c’est le commandant adjoint Soriba Soumah qui nous a autorisés à sortir avec les armes. Tous les officiers étaient autorisés à sortir ce jour avec les armes.

Moi, c’est le commandant qui m’a sacrifié. Je n’étais pas le seul à sortir avec une arme ce jour. Tous les autres capitaines et commandants avaient des armes. Je portais mon arme PMAK qui prend 30 balles. Mais ce jour, mon arme avait dans son chargeur 13 munitions et je n’ai tiré aucune balle. Je suis sorti avec les 13 munitions dans mon chargeur, et je suis rentré avec les 13 balles. Dans cette affaire, ce n’est pas le général Baffoé qui m’a sacrifié. C’est mon commandant adjoint, Soriba Sidibé qui m’a sacrifié », a-t-il martelé.

Le Capitaine Kaly Diallo nie systématiquement avoir tiré ce jour à Bambéto. Il a d’ailleurs souligné que sa position ne lui permettait même pas de rester au niveau de la Galerie Mari-Fala et atteindre une cible qui se trouve à 401 mètres et au 3ème étage.

Finalement, le dossier a été renvoyé au mardi 11 décembre 2018 pour la comparution des parties civiles.

Guineematin.com

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