Ils ne nous ont pas évité les violences (Jacques Lewa Leno)

Nous ne comprenons plus rien. Entre les victimes et ceux des guinéens qui semblent être à l’origine des violences, nous ne savons pas qui peut accepter de perdre la face. Lorsqu’il y a des blessés ou des morts, nous les pleurons, mais jamais cela nous empêche de repartir sur le terrain du combat. On se bat en réalité pour voir ceux qui veulent gérer notre pays à tous les échelons s’installer dans des fauteuils de commandement. Oui le combat, on peut même dire, la guerre pour le respect de la volonté du peuple. Nous ne pouvons ne pas comprendre la colère des militants de partis politiques. Mais attention, ce pays n’est pas à bruler. Sans
doute, chacun peut être convaincu que ce serait un recule de quelques mois ou années dans certains domaines. L’unité spéciale de sécurisation des élections se trouve dépassée par les événements. Bien sûr que ça ne pouvait être autrement. Les agents ont été mobilisés à quelques heures du vote. Donc ils ne pouvaient être suffisamment préparés à éviter et faire éviter ce désordre en cours dans le pays. Les unités d’intervention sont obligées de descendre, elles ont d’ailleurs perdus un engin dans la préfecture de Dubréka. Nous ne tirons pas de leçons. Surtout ces politiques ne comprennent rien des stratégies à mettre en œuvre pour faire passer un peuple à un stade supérieur. La culture démocratie comme nous l’appellons guinéenne, est la pire qui puisse exister. On essaie de vanter la transparence du scrutin mais tous les comportements des agents électoraux sont en nette contradiction de toutes les qualités d’un système équilibré. Les violences viennent de là. Les partisans du parti au pouvoir, artisans du changement décrété en 2010 ne semblent pas accepter le changement. La résistance du peuple a tout son sens à ne pas négliger. Ceux qui votent ne sont ni au Gabon, ni au Zimabwe. D’ailleurs même les gabonais et Zimbabwéens veulent l’alternance. C’est pourquoi ils tentent de s’opposer au discours de Bongo père qui indiquait  ne pas perdre une élection qu’il organise entant que père de la nation. Ce temps des ténèbres est passé. Les résultats sont encore attendus. Mais il ne pourrait se passer de miracles. Ceux qui ont effectivement gagné  dans certaines circonscriptions tiendront à être déclarés vainqueurs. Dire ou estimer qu’ils ne connaissent rien des contenus des procès verbaux, c’est ignorer que le monde évolue et que le téléphone suffit pour communiquer sur tout. Aux candidats qui se déclarent déjà vainqueurs de nous attendre nous voulons respirer. Aux jeunes qui sebattent pour eux de demeurer circonspects s’ils le peuvent encore. Ils se sont battus hier pour que nous ayons un nouveau pouvoir, des blessés et des morts ont été déplorés, le pays reste pauvre, les guinéens restent misérables, le progrès est magnifié dans les discours des ministres propagandistes sans qu’on ne puisse le sentir. Conakry est tout sauf une capitale moderne après plus de sept ans de gestion d’un régime. Ils se sont  battus pour que nous ayons des délégations
spéciales recomposées. Les cadres choisis par les partis politiques sont devenus des voleurs les plus détestables de la planète. Ils se sont battus pour que nous ayons une assemblée nationale. Nous l’avons,mais elle se montre plus inutile que les parlements transitoires.

Jacques Lewa Leno sur radio espace

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