Devrait-on célébrer l’impunité un jour dans ce pays ?

Journée des armées, nous l’appellerons. Nous en aurons certainement le moment venu. Les réflexions peuvent continuer mais il faut déjà voir le monde dans toute sa dimension. Il n’est de secret pour personne, les lois les plus dures, sont celles qui étouffent. Il y en a qui défient le temps. Et d’autres sont abrogées en fonction des progrès enregistrés par les sociétés.

 Les sociétés les plus modernes ont oublié derrière elles, des dispositions les plus restrictives qui astreignaient les libertés les plus fondamentales. Si elles peuvent encore se rappeler, elles peuvent penser au sang qui a inondé les rues d’Europe à l’époque des grandes guerres. Mais aujourd’hui, ce sont les mêmes, mais profondément transformées qui enseignent les droits de l’homme. Pour une raison dont nulle ne saurait ignorer la justesse, les Etats ont dit plus jamais ça à la fin de la seconde conflagration mondiale.

 Les plus meurtris par cette guerre sont restés au second plan. Ils ont été appelés les pays du tiers monde, ceux pour qui les autres réfléchissent et à décident. Et pour tout ce qui concerne l’humanité, les africains  n’ont été convié qu’à se soumettre à la volonté des puissances. Les chemins ont pour ainsi dire été tracés. Les droits de l’homme ont été identifiés dans la déclaration des droits de l’homme. Les rédacteurs René Cassin de la France, Charles Habib Malick du Liban, Alexander Bogolomov de l’union des républiques socialistes socviétiques, Eleanor Rosevelt des Etats unis, Pen chun Chang de chine ont dû faire travailler leur cerveau pour les 7 milliards d’êtres humains sur cette planète sphérique.

Chacun peut donc les chanter dans les quatre coins du monde, dans les pays des 6 continents, les précurseurs ont voulu que l’homme avec grand H soit protégé. Ce n’est ni pour encourager une quelconque insoumission aux despotes, ni pour les laisser faire admettre la barbarie à l’égard de ceux qui volent ou qui tuent. C’est pour humaniser les actions de l’homme. Le voleur et le tueur, dans le cadre des droits humains, méritent toute la protection. Les lois nationales, qui tirent leur universalité de la déclaration universelle des droits de l’Homme, (excusez du peu), proposent des punitions et des amendes. Celui qui tue, peut parfois au terme d’un procès bénéficier de la liberté s’il trouve quelqu’un qui sait le défendre. Toujours est-il que même s’il était condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, il a la chance de mourir sans subir aucune atrocité.

Les pays qui défendent le beau texte, fondateur des nations unies, comprennent qu’il y a de ses dispositions qui ne sont pas justes. Quoi que l’Europe occidentale fasse, plusieurs Etats américains s’opposeront à toute idée d’abolition de la peine de mort. Ceux qui tuent y seront tués pour plusieurs années encore. La journée des armées pour que nos forces de l’ordre célèbrent l’impunité qui leur ait garantie. Et pourquoi pas ? Des agents de maintien d’ordre peuvent ôter la vie à un guinéen, ils ne peuvent faire l’objet de poursuite judiciaire. Ceux qui le sont, sont condamnés à des peines légères et avec sursis comme le colonel Issa Camara. Les pouvoirs publics les acclament lorsqu’ils utilisent des méthodes de guerre pour contraindre les protestataires à se calmer. Ils suscitent de la compassion, quoi de plus normal, lorsqu’ils sont blessés. Une journée leur permettrait de louer satan pour le soutien qu’il ne cesse de leur apporter à travers les Etats dictateurs.

Jacques Lewa sur Espace

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