Des scientifiques mettent au point des ordinateurs alimentés par des mini-cerveaux humains

24 février 2026

Dans un laboratoire suisse calme qui surplombe le lac Léman, les scientifiques font croître l’avenir de l’informatique — littéralement.

Chez la jeune pousse FinalSpark, le co-fondateur Fred Jordan estime que la prochaine génération de processeurs ne sera pas façonnée à partir de silicium, mais à partir de cellules cérébrales vivantes.

« Au lieu d’essayer d’imiter le cerveau, » déclare-t-il, « utilisons plutôt la chose réelle. »

Ces « bioprocesseurs » sont fabriqués à partir de cellules souches humaines reprogrammées en neurones.

Elles sont rassemblées en grappes de quelques millimètres, appelées organoïdes cérébraux — de minuscules amas à peu près de la taille du cerveau d’une mouche des fruits.

Des électrodes y sont connectées, permettant aux scientifiques d’envoyer des signaux et d’observer les neurones « parler ».

Chaque réaction — une poussée d’activité électrique ou le silence — imite les zéros et les uns binaires de l’informatique numérique.

Cerveaux et machines

La promesse ? d’importantes économies d’énergie. « Les neurones biologiques sont un million de fois plus efficaces énergétiquement que les neurones artificiels », note Jordan.

C’est une affirmation audacieuse à l’ère où la faim de puissance de l’IA pousse les géants de la tech à frôler l’énergie nucléaire.

Des chercheurs expérimentent déjà : un robot a même utilisé un organoïde de « cerveau » pour lire le Braille.

Cependant, les défis persistent — les organoïdes meurent, les données sont désordonnées et la conscience demeure un terrain philosophique semé d’embûches.

De retour au laboratoire, lorsque la porte de l’incubateur de la taille d’un réfrigérateur s’ouvre, les organoïdes s’activent sans raison apparente.

Jordan esquisse un sourire. « Nous ne savons toujours pas pourquoi », dit-il. Peut-être, qui sait, qu’ils en savent plus que nous ne le pensons.

Sandrine Blanchard

Sandrine Blanchard

Journaliste française spécialisée en actualité générale, je m’intéresse particulièrement aux enjeux politiques, économiques et sociaux qui traversent l’espace francophone. Au sein de Radio Espace FM Guinée, je m’attache à traiter l’information avec rigueur, pédagogie et sens du contexte. Mon travail vise à rendre l’actualité compréhensible, sans simplification excessive ni parti pris.