Que se passe-t-il lorsque un rappeur s’engage en politique — et bat réellement un ancien premier ministre ?
Au Népal, cette question s’est tout simplement transformée en réalité politique.
Balendra Shah — mieux connu des fans sous le nom de Balen — a réussi une victoire retentissante sur l’ancien premier ministre KP Sharma Oli dans sa propre circonscription parlementaire.
Selon la Commission électorale du Népal, Shah a obtenu 68 348 voix, bien loin devant les 18 734 voix d’Oli.
L’élection, qui s’est tenue jeudi, était la première depuis d’importantes protestations menées par les jeunes en septembre qui ont renversé le gouvernement.
Ces manifestations — principalement alimentées par la colère de la génération Z face aux interdictions des réseaux sociaux et à l’inégalité — ont fait 77 morts et ont secoué l’establishment politique du pays.
Désormais, l’élan semble se retourner. Le parti de Shah, le Rastriya Swatantra Party, est en tête tant pour les sièges directs que pour les suffrages proportionnels.
Cela laisse présager une victoire écrasante.
La jeunesse qui redessine la politique
Depuis des décennies, la politique du Népal est dominée par une poignée de partis traditionnels.
Mais avec 800 000 électeurs qui votent pour la première fois, les jeunes réécrivent le scénario.
Shah, visage familier de la scène hip-hop du Népal — sa chanson Balidan a des millions de vues — s’est présenté sur des promesses de 1,2 million de nouveaux emplois, des revenus plus élevés et des protections sociales renforcées.
« Je serai le candidat pour tout le Népal », a-t-il déclaré au Financial Times pendant sa campagne.
Alors, s’agit-il d’un simple moment politique viral — ou du début d’un basculement du pouvoir générationnel ?
Quoi qu’il en soit, la playlist politique du Népal vient d’être dotée d’un tout nouveau morceau.