La Russie nie chercher un prétexte pour envahir l’Ukraine

13 avril 2026

Alors que les troupes russes restent largement concentrées près de la frontière, le chef de la diplomatie du pays a rejeté avec colère les allégations américaines selon lesquelles il préparerait un prétexte pour l’invasion de l’Ukraine.

La Maison-Blanche a déclaré vendredi que la communauté du renseignement américaine avait conclu que la Russie avait déjà envoyé des agents dans l’est de l’Ukraine, contrôlée par les rebelles, pour mener des actes de sabotage et attribuer ces attaques à l’Ukraine dans le but de créer un prétexte à une invasion.

Dans une interview accordée lundi à des journalistes, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergey Lavrov, a rejeté l’affirmation américaine comme « totalement inexacte ».

Moscou attend une réponse écrite cette semaine des États‑Unis et de leurs alliés concernant sa demande de garanties écrites que l’OTAN n’accueillerait ni ne stationnerait des forces et des armes en Ukraine ou dans d’autres anciennes républiques soviétiques.

Les négociations de la semaine dernière entre les États‑Unis et la Russie à Genève ont vu Washington et ses alliés rejeter fermement les exigences de Moscou et environ 100 000 soldats russes, équipés de chars et d’autres armes lourdes, massés près de l’Ukraine — une situation qui inquiète l’Occident et pourrait constituer un prélude à une invasion. La réunion OTAN-Russie à Bruxelles s’est déroulée dans un contexte où environ 100 000 soldats russes restaient massés à proximité.

Il existe des craintes que la Russie puisse lancer une attaque par plusieurs directions, y compris depuis la Biélorussie. Des responsables du gouvernement ukrainien ont averti des attaques potentielles provenant de diverses directions.

À la suite des sanctions occidentales imposées après une répression brutale des protestations, le président du Bélarus s’est de plus en plus tourné vers le Kremlin pour obtenir du soutien. Cette semaine, il a annoncé que la Russie et le Bélarus mèneraient des manœuvres militaires à grande échelle.

Comme l’a expliqué Lukashenko, les manœuvres se dérouleraient le long de la frontière occidentale du Bélarus ainsi que le long de sa frontière méridionale avec l’Ukraine.

Le gouvernement ukrainien a démenti avoir ourdi des plans pour employer la force contre le territoire tenu par les rebelles afin de reprendre le contrôle de ce territoire. La Russie a nié avoir attaqué son voisin.

Après le renversement du dirigeant pro-Moscou en Ukraine, la Russie a annexé la péninsule de Crimée et a aidé à soutenir un soulèvement séparatiste dans l’est du pays en 2014. Les combats entre les rebelles soutenus par la Russie et les forces ukrainiennes dans le Donbas ont fait plus de 14 000 morts en près de huit ans.

En réponse au blocage de ses demandes par l’Occident, le président russe Vladimir Poutine a promis de prendre des mesures « militaires et techniques » non spécifiées.

La délégation russe lors des pourparlers avec les États‑Unis était dirigée par le vice‑ministre des Affaires étrangères, Sergeï Ryabkov. En raison de l’échec des États‑Unis et de leurs alliés à limiter leurs activités militaires à la porte de la Russie, le président Poutine a déclaré la semaine dernière que si la Russie envoyait des missiles à Cuba ou au Venezuela, il « ni ne confirmerait ni n’exclurait » cette possibilité. En tant que conseiller à la sécurité nationale des États‑Unis, Jake Sullivan a rejeté ces propos comme des bravades.

Pour répondre à la question de savoir si des missiles russes pourraient être déployés à Cuba et au Venezuela, le porte-parole du Kremlin, Dmitry Peskov, a déclaré : « La Russie envisage sa sécurité dans cette situation. »

Sandrine Blanchard

Sandrine Blanchard

Journaliste française spécialisée en actualité générale, je m’intéresse particulièrement aux enjeux politiques, économiques et sociaux qui traversent l’espace francophone. Au sein de Radio Espace FM Guinée, je m’attache à traiter l’information avec rigueur, pédagogie et sens du contexte. Mon travail vise à rendre l’actualité compréhensible, sans simplification excessive ni parti pris.