En 2021, nous débattons encore de l’avortement

30 avril 2026

Nous approchons de la fin de l’année 2021 et la Cour suprême est sur le point d’entendre et de trancher sur l’une des lois sur l’avortement les plus strictes que nous ayons jamais vues.

La Cour suprême a entendu mercredi près de deux heures d’arguments dans le cadre de la bataille juridique autour de la loi du Mississippi interdisant les avortements après 15 semaines de grossesse, ce qui contredit clairement les décisions antérieures de la cour en matière d’avortement.

En 1973, dans une affaire historique, la Cour suprême a décidé qu’il était impossible d’interdire l’avortement avant les 22 et 24 semaines de grossesse. Cette décision a été à nouveau confirmée par la cour dans l’affaire Planned Parenthood v. Casey de 1992.

Après 30 ans, la Cour suprême est à nouveau en position de prendre une décision historique où beaucoup prédisent qu’elle décidera en faveur de la loi du Mississippi, rendant l’avortement plus difficile à travers le pays.

Quand il s’agit d’avortement, qui a le droit de choisir ?

De nombreuses personnes (y compris nous) se sont posées cette question à maintes reprises.

En 2021, nous avons vu de nombreux États adopter des lois sur l’avortement plus strictes. En mai de cette année, l’État du Texas a adopté ce qui est connu sous le nom de loi du « battement de cœur ». Cette loi rendait illégal l’avortement si le fœtus avait six semaines ou plus.

Plusieurs États, en revanche, ont accordé des droits à l’avortement sans restriction.

L’État de New York a approuvé en janvier 2019 un projet de loi protégeant les droits à l’avortement même au-delà des 24 semaines. Bien sûr, il existe des cas spéciaux lorsque ce genre d’avortements est nécessaire.

Mais encore une fois, cela revient à la question « qui a le droit de prendre une décision sur l’avortement ? »

Notre avis

La majorité des pro‑vie soutiennent que le fœtus est un être vivant qui devrait être protégé. Face à une pandémie qui les a obligés à rester en confinement et à porter des masques pour protéger et préserver des vies, les mêmes pro‑vie ont refusé de respecter les règles.

Nous vivons à une époque où il y a tant de science et de données pour étayer n’importe quelle affirmation que vous pourriez avoir. Mais nous prenons toujours des décisions fondées sur des croyances religieuses et idéologiques.

Vous avez le droit de croire ce que vous voulez croire et de prendre des décisions sur cette croyance. C’est ce qui fait de l’Amérique le pays le plus unique du monde.

Mais, bien sûr, personne ne comprend le corps d’une femme comme elle-même. Elle devrait avoir la liberté de décider de ce qu’elle fait de son corps.

Tout comme beaucoup pensent que l’interdiction des armes à feu ne mettra pas fin au fait que des personnes tuent d’autres personnes. « Si quelqu’un veut tuer, il obtiendra une arme même illégalement. » Nous croyons que si quelqu’un veut avorter, il le fera même si c’est illégal, ce qui rend les choses encore plus risquées et dangereuses.

Plutôt que de se concentrer sur l’interdiction ou la régulation de l’avortement, nous devrions éduquer les femmes (et certains hommes) sur le sujet. Nous devrions nous efforcer de faire de ce traitement une procédure sans douleur et simple afin de sauver des vies.

Sandrine Blanchard

Sandrine Blanchard

Journaliste française spécialisée en actualité générale, je m’intéresse particulièrement aux enjeux politiques, économiques et sociaux qui traversent l’espace francophone. Au sein de Radio Espace FM Guinée, je m’attache à traiter l’information avec rigueur, pédagogie et sens du contexte. Mon travail vise à rendre l’actualité compréhensible, sans simplification excessive ni parti pris.