Dix-sept ans après l’un des pires drames de l’aviation, les tribunaux français ont livré un rebondissement spectaculaire.
Air France et Airbus ont désormais été tenues pénalement responsables du crash du vol AF447.
Le vol reliant Rio de Janeiro à Paris en 2009 s’est écrasé dans l’océan Atlantique, faisant 228 morts à bord.
Pendant des années, la tragédie a posé une question obsédante — s’agissait‑il d’une faute humaine, d’une défaillance mécanique, ou des deux ?
Jeudi, une cour d’appel française a déclaré que la réponse pointait clairement vers la compagnie aérienne et le constructeur d’aéronefs.
Les juges ont jugé que les entreprises étaient « seules et entièrement responsables », renversant un acquittement antérieur et infligeant à chacune une amende de 225 000 euros pour homicide involontaire.
Le dossier tournait autour de tubes Pitot défectueux — des capteurs qui mesurent la vitesse de l’air.
Verdict sur la responsabilité aéronautique
Pendant une violente tempête, des cristaux de glace auraient bloqué les instruments, déclenchant les alarmes en poste de pilotage et coupant le pilote automatique.
Ce qui a suivi a été quatre minutes et demie de confusion, de panique et, en fin de compte, de catastrophe.
« Le crash était une catastrophe qui ne demandait qu’à arriver », a déclaré la juge présidente Sylvie Madec, affirmant que les deux entreprises n’avaient pas pleinement compris la gravité du risque.
Les familles des victimes ont qualifié cette décision de justice longtemps attendue.
Un représentant a déclaré que les grandes entreprises aérospatiales ne pourraient plus se cacher derrière « la fierté technologique ».
Airbus affirme que la lutte n’est pas terminée et prévoit un nouvel appel.
Mais après près de deux décennies, le verdict envoie un message sans équivoque au monde de l’aviation.
Lorsque la technologie échoue à 35 000 pieds, la responsabilité ne disparaît pas dans les nuages.