La Chine censure les hommages publics lors des funérailles de l’ancien Premier ministre

31 août 2026

La Chine fait son deuil de l’ancien Premier Zhu Rongji.

Mais sous les hommages officiels se cache une histoire plus complexe : une nostalgie pour une époque où les réformes économiques semblaient promettre un avenir plus radieux.

Les drapeaux ont été abaissés à Pékin en prévision des obsèques de Zhu mardi.

Il est mort la semaine dernière à l’âge de 97 ans après avoir été Premier ministre de 1998 à 2003.

C’était une période de croissance rapide, de réformes douloureuses du secteur d’État et d’entrée de la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce.

Zhu était connu pour son humour franc et sa volonté de dire ce qu’il pensait.

Il avait autrefois traité les banquiers voyous de « demi-imbéciles » et avait plaisanté avec l’ancien président américain Bill Clinton sur les dons politiques, ce qui provoquait les éclats de rire des journalistes.

Cette franchise paraît aujourd’hui d’un autre temps, dans le cadre politique aujourd’hui étroitement contrôlé.

La mort relance le débat sur le passé de la Chine

En ligne, certains citoyens chinois ont utilisé la mort de Zhu pour se remémorer ces années.

Un économiste a décrit cette période comme « la vie était dure, mais une épreuve soutenue par l’espoir ». Son essai a été retiré plus tard de WeChat.

Pourquoi cette sensibilité ? La direction chinoise craint depuis longtemps que le deuil de figures éminentes ne se transforme en critique politique plus large.

Un deuil public similaire entourant Zhou Enlai et Hu Yaobang a aidé à alimenter d’importantes protestations en 1976 et 1989.

Le professeur Kerry Brown affirme que Xi Jinping cherche à construire un « récit historique unifié » qui ne laisse que peu de place à des chemins alternatifs.

La mort de Zhu est alors bien plus qu’un adieu. Pour de nombreux Chinois, c’est aussi une question discrète sur ce qui aurait pu être.

Sandrine Blanchard

Sandrine Blanchard

Journaliste française spécialisée en actualité générale, je m’intéresse particulièrement aux enjeux politiques, économiques et sociaux qui traversent l’espace francophone. Au sein de Radio Espace FM Guinée, je m’attache à traiter l’information avec rigueur, pédagogie et sens du contexte. Mon travail vise à rendre l’actualité compréhensible, sans simplification excessive ni parti pris.