L’Islande serait-elle sur le point de modifier ses liens avec l’Europe ?
Samedi, les électeurs de cette petite nation de l’Atlantique Nord décideront de reprendre les discussions sur l’adhésion à l’Union européenne. Le résultat semble extrêmement serré.
Pour les partisans, l’appartenance à l’UE pourrait apporter une stabilité économique, réduire les risques liés à la devise et, à terme, adopter l’euro.
Avec des prix déjà supérieurs de 84 % à la moyenne de l’UE et des taux d’intérêt à 8 %, le coût de la vie constitue un argument de poids.
« C’est comme un chien qui se poursuit sans cesse la queue », déclare la militante du Mouvement Européen Snærós Sindradóttir.
Mais il existe un obstacle majeur : les poissons. Les industries maritimes représentent près de 40 % des exportations de l’Islande.
Les eaux de pêche en jeu
Les opposants craignent que les règles de l’UE n’affaiblissent le contrôle de l’Islande sur ses eaux de pêche précieuses.
« Aucun État membre n’a obtenu une option permanente d’exemption », déclare la dirigeante de l’association des agriculteurs Margrét Ágústa Sigurðardóttir. La sécurité est un autre facteur.
Les activités de la Russie autour de l’Islande, l’incertitude autour de l’OTAN et la pression de Donald Trump sur le Groenland ont placé la politique étrangère plus haut dans l’agenda.
Pourtant, le professeur de sciences politiques Eirikur Bergmann affirme que prévoir l’issue est « incroyablement difficile ».
Et ce vote n’est que le début. Un Oui rouvrirait les négociations, suivi d’un autre référendum sur tout accord final.
Alors, l’Islande choisira-t-elle des liens européens plus profonds ou continuera-t-elle à garder ses distances et à protéger ses eaux ?