Pilule abortive pourrait réduire le risque de cancer du sein, selon les médecins.

17 mars 2026

Une pilule utilisée pour les avortements pourrait-elle aussi aider à prévenir le cancer du sein ?

Un groupe de médecins et de scientifiques internationaux pense que oui — et il est frustré que la stigmatisation freine la recherche.

Le médicament en question, le mifepristone, est bien connu comme faisant partie d’un processus en deux étapes pour mettre fin à des grossesses précoces.

Mais voici la tournure du récit : trois études distinctes — en 2008, 2022 et 2024 — suggèrent qu’il pourrait aussi ralentir la croissance de cellules mammaires cancéreuses.

Il agit en bloquant la progestérone, une hormone qui alimente de nombreux cancers du sein.

Pourquoi les grandes entreprises pharmaceutiques ne le testent-elles pas ?

« Il est profondément décevant que l’application réussie du mifepristone dans un domaine entrave davantage la recherche dans d’autres usages. »

Les experts l’écrivent dans The Lancet. Traduction : son association à l’avortement effraie les entreprises.

C’est un problème. Le cancer du sein tue environ 670 000 femmes chaque année dans le monde.

Pour les femmes à haut risque — comme les porteuses du gène BRCA — les options préventives actuelles se limitent à une chirurgie invasive ou à des médicaments dont l’efficacité est faible.

Les associations caritatives contre le cancer conviennent qu’il est temps d’y regarder de plus près.

« Nous devons explorer toutes les pistes, y compris les médicaments existants », déclare le Dr Simon Vincent de Breast Cancer Now.

Si cela s’avérait efficace, le mifepristone pourrait changer la donne.

La question est de savoir si la stigmatisation va le maintenir dans l’ombre — ou si la science aura le dernier mot ?

Sandrine Blanchard

Sandrine Blanchard

Journaliste française spécialisée en actualité générale, je m’intéresse particulièrement aux enjeux politiques, économiques et sociaux qui traversent l’espace francophone. Au sein de Radio Espace FM Guinée, je m’attache à traiter l’information avec rigueur, pédagogie et sens du contexte. Mon travail vise à rendre l’actualité compréhensible, sans simplification excessive ni parti pris.